Qu'est-ce que la Tarification à l'Activité (T2A) ?
Depuis sa généralisation en 2004, la Tarification à l'Activité (T2A) constitue le principal mode de financement des hôpitaux publics et des cliniques privées à but non lucratif en France. Ce système relie directement les recettes d'un établissement au volume et à la nature des soins qu'il produit.
Principe de fonctionnement
Chaque séjour hospitalier est classé dans un Groupe Homogène de Séjours (GHS), lui-même issu d'un Groupe Homogène de Malades (GHM). Ce classement s'effectue à partir des données médicales contenues dans le Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information (PMSI), renseigné par les médecins à la fin de chaque séjour.
À chaque GHS correspond un tarif national fixé annuellement par arrêté ministériel. L'hôpital reçoit ce tarif pour chaque séjour réalisé, indépendamment du coût réel engagé.
Les composantes du financement hospitalier
| Source de financement | Description |
|---|---|
| T2A (tarifs GHS) | Financement lié aux séjours MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) |
| Dotations forfaitaires | Financements des missions d'intérêt général (MIG), SMUR, permanence des soins |
| Financement SSR et psychiatrie | Financement spécifique pour les soins de suite et de réadaptation, et la psychiatrie |
| MIGAC | Missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation (recherche, enseignement, etc.) |
| Ressources propres | Consultations externes, hébergement, activités annexes |
L'ONDAM : le cadre budgétaire global
Les dépenses des hôpitaux s'inscrivent dans l'Objectif National de Dépenses d'Assurance Maladie (ONDAM), voté chaque année par le Parlement dans le cadre du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS). L'ONDAM hospitalier représente la part dédiée aux établissements de santé. Lorsque les dépenses réelles dépassent l'objectif fixé, des mécanismes de régulation entrent en jeu.
Les limites reconnues du système T2A
Bien qu'il ait modernisé le financement hospitalier, le système T2A fait l'objet de critiques régulières :
- Incitation à l'activité : le modèle peut pousser à augmenter le volume de soins au détriment de la pertinence médicale.
- Défavorisation de la prévention : les actes préventifs, moins bien valorisés, sont désavantagés par rapport aux actes curatifs.
- Complexité administrative : le codage PMSI mobilise des ressources importantes.
- Inadaptation aux maladies chroniques : le modèle par séjour s'adapte mal aux prises en charge longues et continues.
Vers un financement mixte et réformé
Face à ces limites, les pouvoirs publics ont engagé des réformes pour diversifier le modèle de financement. Le rapport Aubert (2019) et les expérimentations menées dans le cadre de l'article 51 de la LFSS ont ouvert la voie à des modèles de paiement à la qualité, au parcours de soins et à la capitation pour certaines pathologies chroniques. La réforme du financement des soins de suite et de réadaptation (SSR), entrée progressivement en vigueur, constitue également un pas vers un modèle plus hybride.
Ce que cela signifie concrètement pour un hôpital
Pour un directeur d'hôpital ou un chef de pôle, comprendre la T2A est indispensable pour piloter l'activité. Une bonne maîtrise du codage PMSI, une analyse régulière des recettes par GHM et un suivi de la case-mix (la répartition des types de patients) permettent d'optimiser les recettes tout en maintenant la qualité des soins.
Le financement hospitalier est un domaine en constante évolution, au cœur des débats sur la soutenabilité du système de santé français.